Association Haute-Marne Enfants du Togo - Mairie, 52500 Corgirnon

Pour le développement de l'alphabétisation au Togo.

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Lu dans la Presse : "André Romano : l'itinéraire d'un humanitaire au parler vrai"

Professeur à la retraite, André Romano préside l'association haut-marnaise "Enfants du Togo" depuis 2003. Son objectif : aider les jeunes Togolais à construire un avenir par le biais de l'éducation. Rencontre avec celui qui avoue préférer "la qualité de vie africaine, basée sur la solidarité de voisinage et l'empathie au comportement humain froid et égoïste des pays riches."

"Je préfère la qualité de vie africaine, basée sur la solidarité de voisinage et l'empathie au comportement humain froid et égoïste des pays riches." Le ton est donné... Doté d'une solide expérience acquise lors de ses nombreux voyages à travers le monde, André Romano semble savoir de quoi il parle. Même si tous les pays africains ne se ressemblent pas. "Entre le Sénégal et le Togo, rien n'est comparable. Il peut y avoir plus de différence entre deux pays africains qu'entre ceux de l'Europe", souligne le président de l'association Enfants du Togo. Malgré l'aide internationale de plus en plus importante (120 milliards de dollars en 2008), la situation en Afrique ne s'est pas améliorée. Bien au contraire : à cause des effets pervers de l'aide, telle la corruption, le continent noir s'est considérablement appauvri avec une croissance extrêmement faible. Pour mener à bien un projet de développement, pas de secret : mieux vaut connaitre son terrain d'action. Mais le choix du Togo ne s'est pas fait en un clin d'oeil. "C'est la pauvreté immense des Togolais qui m'a fait opter pour ce pays", raconte André Romano à son domicile de Corgirnon. "J'ai un respect sans bornes pour les habitants. Par simple dignité, même dans le besoin, ils ne réclament pas d'aide." Dans un pays où manger régulièrement à sa faim est un luxe, seule l'éducation peut apporter une amélioration durable. La complexité des maux invite à des actions bien planifiées, plus qu'à la précipitation et au coup par coup. Chaque enfant illettré est un problème potentiel à gérer dans 25 ans.

Le financement de la construction d'un collège d'enseignement général à Niamtougou, a précédé de peu la création de l'association haut-marnaise en 2003. Celle-ci implique régulièrement les populations locales aux travaux. Une bonne façon selon son président "de responsabiliser les habitants, mais également de sécuriser les constructions et de diminuer le coût."

"Il faut avoir du personnel en permanence sur place"

Trois fois par an et pour un séjour d'une durée d'un mois au minimum, André Romano se rend sur place pour assurer le suivi des actions. Outre l'insécurité physique et juridique qui règne dans certains pays d'Afrique, une bureaucratie démesurée entrave parfois le bon fonctionnement des affaires. Des inconvénients qui posent peu problème à cet ancien professeur de mathématiques et de physique, habitué aux us et coutumes du pays. "J'ai quelques expérience en matière de suivis de crédits, mais il faut avoir du personnel en permanence sur place." D'autres idées ont fait leur chemin, sans pour autant aboutir. André Romano aurait "aimé agir dans le médical ou construire un orphelinat. Mais les chefs du village m'ont fait comprendre qu'il était plus utile de bâtir un collège pour plusieurs étudiants que de fonder un dispensaire ne servant qu'à un petit nombre d'enfants."

Une cinquième école accueille pour le moment environ 80 élèves et neuf enseignants. La construction d'un lycée a débuté en février. Une véritable source de joie pour André Romano, "chanceux" de voir de ses propres yeux "les enfants rentrer dans leur nouvelle école".

En France, la principale activité d'Enfants du Togo se trouve dans la vente de produits d'artisanat togolais, achetés directement aux fabricants. Les bénéfices des ventes servent intégralement au Togo. S'adapter à un nouveau pays, apprendre à comprendre et finalement apprécier sa culture est le fruit d'un long cheminement, nécessitant forcément une remise en cause de ses propres préjugés et idées reçues. Pas trop dur de mener deux vies à la fois ? "J'ai beaucoup d'amis au Togo ; de retour en France, j'ai déjà hâte de les retrouver", confie l'humanitaire haut-marnais. "On se sent parfois décalé par rapport à son pays natal, mais peu à peu, on apprend à rentrer." Pour mieux repartir.

Heidi Airasmaa-Fouchault

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