Association Haute-Marne Enfants du Togo - Mairie, 52500 Corgirnon

Pour le développement de l'alphabétisation au Togo.

Retour au sommaire

Lu dans la Presse : "La méthode Romano fait école"

L'ancien prof de maths du collège de Bourmont met toute son énergie et sa liberté de retraité au service de la formation des jeunes au Togo. Les résultats qui visent le long terme sont probants. Des écoles et des collèges sont sortis de terre. La méthode a du bon.

André Romano est un cas. Né aux Loges, près de Chalindrey, le jeune haut-marnais choisit de s'engager dans la coopération. De retour en métropole, il effectue l'essentiel de sa carrière de professeur de maths au collège de Bourmont. Mais la parenthèse de la coopération est mal refermée. Le virus de la bougeotte définitivement chevillé au corps, notre homme voyage : beaucoup en Amérique du sud, en Asie. La fascinante Afrique le rattrape, l'agrippe. Elle ne le lâchera plus. "A force de voir la pauvreté, j'ai eu envie de faire quelque chose." Alors, il a fait.

En 2003, à 59 ans, André Romano crée l'association "Haute-Marne Enfants du Togo". Il en installe le siège à la mairie de Corgirnon. L'aventure peut se poursuivre.

On écrit ici "poursuivre" et non pas "commencer" à dessein. Car les projets de construction d'établissements scolaires démarrent réellement à ce moment-là, en s'appuyant, côté Europe sur la jeune et fort modeste association haut-marnaise. Modeste, sans doute. Jeune assurément. Mais pas dénuée d'atouts.
Au premier rang de ceux-ci, l'expérience, la pratique d'André Romano. Ainsi, depuis une dizaine d'années, notre homme se rend au Togo trois fois par an, et pas pour des séjours de quelques jours. Il sait où il va. Il connait ses interlocuteurs ainsi que les us et coutumes du pays. Il observe, surtout : avec attention, acuité, longtemps avant de parler et de décider.

Priorité aux écoles

André Romano fonde désormais son action et celle de l'association sur quelques idées-forces. Par exemple, qu'aider un particulier est voué à l'échec à long terme. Il préfère s'impliquer au bénéfice de ce qu'il appelle "une structure authentique", une vraie coopérative, par exemple. Ce n'est pas un hasard s'il a choisi de s'investir dans l'enseignement et la formation. Un Togolais plein de sagesse lui a expliqué un jour : "Si tu nous fournis des médicaments, que ferons-nous quand il n'y en aura plus ? Alors que si tu nous fais des écoles, nos enfants auront un métier plus tard et pourront acheter des médicaments."

Le retraité de l'enseignement, sans esbrouffe, a procédé avec logique et opiniâtreté. Avec ses hôtes Togolais, à Niamtougou, bourgade de 50000 âmes, il a commencé par faire construire une école : quatre classes, et des locaux administratifs. Il a ensuite fait bâtir un premier collège. C'était il y a cinq ans. Certains des anciens élèves sont inscrits aujourd'hui en faculté à Lomé. Les efforts portent leurs fruits. Renforcé dans le bien fondé de sa méthode, André Romano persiste et signe. Actuellement au Togo, il supervise la construction d'un nouveau bâtiment (lire l'encadré). L'action d'André Romano est de plus en plus reconnue, parfois loin de Corgirnon : le Rotary, par exemple, lui fait confiance. Une association de jeunes de l'Ain va l'accompagner l'été prochain pour un chantier. Assurément, la méthode Romano... fait école.

Dominique Piot

La confiance du Rotary

La bâtiment en projet va comprendre quatre classes ainsi qu'une bibliothèque équipée, des toilettes et un puits. Ces constructions auront lieu précisément à Mome-Hounkpati, au sud du Togo à exactement 68 km au nord-est de Lomé. Elles concernent un collège de 512 élèves (actuellement). Il sera financé au moins à moitié par :

Le grand initiateur et coordonateur de tout ce projet est l'actuel président du Rotary-club de Langres, Oskar Rapp. Le reste sera à la charge de l'association qui ne vit que du travail de ses 35 bénévoles et d'éventuelles subventions. "Haute-Marne Enfants du Togo" est reconnue d'intérêt général, ce qui peut présenter certains avantages fiscaux pour d'éventuels donateurs.

Le déclic

Les projets ambitieux, les grandes aventures démarrent souvent par un déclic inattendu, une anecdote minuscule. Il en va ainsi de l'engagement d'André Romano au Togo : "J'ai erré longtemps là-bas ; un jour, mon regard croise un enfant en pleine crise de palu ; je demande à sa famille ce qui peut se passer ; "Dieu nous aidera" m'ont-ils répondu, déjà résignés. Alors, j'ai juste essayé de brusquer le mouvement. Cela m'a couté moins de 10 €. L'enfant s'en est sorti. Alors j'ai demandé à ses proches "et si on n'avait pas été là ?" "Il serait mort".

Haut de page

Mentions légales